Peut-on vraiment se fier au diagnostic de performance énergétique (DPE) ? Alors que ce diagnostic immobilier s'impose désormais sur les annonces et revêt une importance de plus en plus grande pour les vendeurs comme pour les acheteurs, l'UFC-Que Choisir tente de répondre à cette question et dresse un constat pour le moins cinglant.

Ce début d'année 2011 a sans conteste était marqué par l'émergence grandissante du DPE dans le monde de l’immobilier. S’il était déjà indispensable pour toute transaction (vente comme location), le diagnostic de performance énergétique a vu son action renforcée en s’imposant sur les annonces immobilières (depuis le 1er janvier) mais également en étant largement pris en compte dans le cadre du nouveau prêt à taux zéro Plus (PTZ+).

Destiné à informer sur la consommation énergétique réelle d’un logement (classé de A à G), l’objectif initial du DPE est certes louable mais semble toutefois desservi par une mise en application des plus brouillonnes. Dans une enquête récemment menée par l’UFC-Que Choisir, l’association de défense des consommateurs révèle d’ « effarants » résultats et met en doute la supposée fiabilité du DPE.

On le sait, si un logement neuf BBC peut se voir attribuer la classe A tant recherchée, la très grande majorité du parc immobilier français oscille entre les classes D et G. La consommation énergétique d’un bien (et donc la facture de chauffage) variant énormément entre les différentes classes, la fiabilité du DPE revêt une importance considérable pour le propriétaire ou l’acquéreur potentiel. Dans cette optique, l’UFC-Que Choisir a entrepris de tester 16 diagnostiqueurs en leur proposant d’expertiser quatre maisons individuelles. Le constat est sans appel, « sur 4 maisons visitées [...] deux maisons ont été classées dans pas moins de 3 classes énergétiques différentes, une a été classée dans 2 étiquettes différentes ». Au terme de l’enquête, une seule de ces maisons s’est ainsi vue délivrer la même note par l’ensemble des diagnostiqueurs.

Une telle disparité de classification a de quoi susciter l’incompréhension mais surtout la colère de l’association qui s’indigne en constatant qu’ « une des maisons enquêtée a été classée, selon les diagnostiqueurs, en C, D ou E, avec une estimation de consommation allant de 134 kWh à 244 kWh par m2 et par an, soit une facture annuelle variant de 1.000 à 1.800 euros ».

Outre des résultants troublants, l’UFC-Que Choisir pointe du doigt certaines recommandations de travaux données par les diagnostiqueurs à l’issue du DPE. « Sur une maison, pour l’un c’est la toiture qui cause le plus de déperditions de chaleur, pour un deuxième c’est le sous-plancher, pour un troisième les murs… Du coup, les conseils varient. Si on est mal tombé, le logement consommera quasiment autant après travaux qu’avant ! »

Dévoilant les faiblesses d’analyse voire les pratiques commerciales douteuses de professionnels du diagnostic et de l’énergie comme EDF, GDF Suez, Poweo, Direct Energie ou encore Allo Diagnostic, l’UFC-Que Choisir en appelle à « une réforme en urgence du DPE » incluant notamment un renforcement de son cadre législatif.

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